| Les PRIX LITTERAIRES 2009
Grand Prix du Roman de l’Académie française :Pierre MICHON -Les Onze Prix
Goncourt :
Marie NDIAYE- Trois femmes puissantes
Prix Renaudot :Frédéric BEIGBEDER - Un roman français Prix Femina : Gwenaëlle Aubry - Personne Prix Medicis : Dany LAFERRIERE - L'énigme du retour Prix Goncourt des Lycéens: Jean Michel Guenassia - Le club des incorrigibles optimistes Prix Interallié : Yannick HAENEL - Jan Karski Grand Prix de l'Académie Française
Pierre Michon Les Onze
C’est la nuit du 5 janvier 1794, au coeur de la Terreur, que
François-Elie Corentin reçoit commande du monumental tableau ? Les Onze ? que
l’on peut voir au Louvre. Cette toile où figurent, au grand complet, les
membres du ? Comité de Salut Public ? de l’an II, fondé par Robespierre. Mais
qui fut le commanditaire de cette oeuvre ? C’est encore une vie que l’auteur
raconte, mais totalement fictive, avec en filigrane sa propre
généalogie. Dans ce superbe récit, mêlant Histoire et histoire de l'art,
la langue est précise et riche, les détails saisissants, et le ton souvent
narquois. Prix
Goncourt
Marie NDIAYE Trois femmes puissantes Un fil narratif très fin relie les trois
récits qui composent ce roman. Trois femmes affrontent avec un égal courage et
une inflexible détermination le désenchantement, les humiliations, l'effroi et
la solitude. Après des années de silence, Norah revient en Afrique auprès de
son père, autoritaire et cynique et découvre l'innommable secret. Fanta,
professeur de lettres, quitte son poste à Dakar pour suivre un mari, séduisant
manipulateur, dont elle subit les rancoeurs et les éclats. Khady pense avoir
trouvé la paix dans le mutisme, mais sa belle-famille chasse cette jeune veuve
africaine pour qui débute l'errance... D'une plume suggestive et envoûtante, le
récit fouille les replis de l'âme, observe avec une redoutable acuité les
comportements et laisse affluer par touches insidieuses la pire violence. Prix Renaudot
Frédéric
BEIGBEDER Un roman français La nuit du 28 janvier 2008, Frédéric
Beigbeder est arrêté pour détention de cocaïne et mis en garde à vue. Pendant
ces longues heures passées en cellule, entrecoupées de comparutions, l'auteur
tente de reconstituer son passé et, par là, de connaître, peut-être, qui il
est. Libéré, lui qui n'avait jamais écrit que les histoires ?d'un homme
sans passé ? ou celles de héros ?paumés dans un présent déraciné ? se
fait alors l'inventeur, à la fois découvreur et créateur de son “roman”. Volontiers
décrié ou, au contraire, adulé pour son arrogance, son côté jouisseur et
provocateur, c'est un Frédéric Beigbeder plus apaisé et vrai, semble-t-il, qui
se livre ici. Prix
Femina
Gwenaëlle
AUBRY Personne La mort du père et la découverte de
nombreux écrits est un prétexte à une sorte de dialogue entre ce père et sa
fille qui le qualifie de fou, d’étranger au monde et à lui-même. Lettres après
lettres, tel un abécédaire, se recompose le portrait du disparu. L’auteur, nous fait partager ses peurs, ses joies, ses
réflexions liées à ce père combien différent, souvent absent, imprévisible,
tellement important et qui n’est jamais arrivé à coïncider avec lui-même. A la
fois roman intimiste et récit familial, “Personne” s'inspire de la vie et de la
maladie du père de l'auteur. Prix
Medicis
Dany
LAFERRIERE L'énigme du retour Opposants à un effroyable régime
dictatorial, père et fils ont séparément émigré en Amérique. Le père meurt, le
fils revient à Haïti à la recherche du passé de cet inconnu. Il renoue avec une
parentèle exubérante, rencontre les amis d'enfance du disparu, se recueille sur
les tombes ancestrales. La chaleur, la faim et la violence occupent des humains
désoeuvrés. Impuissant à se réapproprier la mémoire de son île natale, partagé
entre ici et ailleurs, “touriste” sensible à la magie des lieux, à sa culture
caraïbe, le visiteur pourra-t-il résoudre l'énigme de son retour ? Avec
pudeur, le romancier inscrit le thème de l'exilé dans un recueil
d'instantanés où vie et mort s'entrelacent. Présentée en courts chapitres, la
succession de récits et de vers libres enveloppe le lecteur d'une atmosphère
poétique. Prix Interallié
Yannick HAENEL Jan Karski Entre document et fiction, ce livre est
écrit à la mémoire de Jan Kozielewski,
?Juste
des nations ?, né
en 1914 en Pologne, et mort en 2000 à Washington sous le nom de Jan Karski, son
pseudonyme dans la Résistance polonaise. Issu d'une famille catholique, il
était agent de liaison entre la Résistance polonaise et le gouvernement
polonais en exil. Messager auprès des gouvernements alliés il tenta, dès 1942,
d’alerter le monde sur le génocide juif. En trois chapitres, deux sous forme de
documents, et un de pure fiction, l’auteur nous livre le combat de cet homme
pour faire connaître l’atrocité de la situation des juifs de Pologne et tenter
d’ébranler la conscience du monde. Un roman bouleversant et inoubliable. Prix Goncourt des Lycéens
Jean-Michel Guenassia Le club des incorrigibles optimistes Début des années soixante au café Balto à Paris, une poignée
d’amis se retrouve tous les jours autour d’un verre et d’interminables parties
d’échecs. C’est l’époque confuse et passionnée, de la guerre d’Algérie, des
dictatures communistes et du printemps de Prague. L'époque aussi de Sartre,
Camus, Soljenitsyne, Kessel… Fasciné par ces exilés épris d’une liberté
chèrement payée au prix d’abandons et de douloureuses trahisons parfois, Michel
le jeune narrateur, un fou de lecture, partage leurs espoirs, leurs
désillusions, écoute le récit de leurs vies brisées. En contrepoint, l’histoire
de sa propre famille divisée par les événements d’Algérie et par des préjugés
sociaux. Ce premier roman est une fresque lucide des années soixante et des
bouleversements sociaux et politiques qu'elles ont connus. |